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Les Jeux Parapan Américains 2019 Lima – Pérou

Mes cinquième Jeux… Les troisième Parapan Américains après Guadalajara en 2011 et Toronto en 2015. Les derniers avaient laissé un goût amer, il n’était pas question de répéter! Bien entendu, certaines choses sont hors de mon contrôle, c’est pourquoi j’ai mis l’emphase sur tout faire pour ne pas avoir de regret.

À peine revenus de la Coupe du Monde de Baie-Comeau où j’ai bien performé (or au contre-la-montre et argent à la course sur route), les Jeux c’est une autre paire de manches. Les Jeux, c’est 4 courses en 1 semaine.

En tant que vétérante, je me joignais à un groupe d’athlètes qui en était à vivre ses premiers Jeux. C’est exaltant! Mes coéquipiers et coéquipières m’ont rendu fière d’être parmi eux; non seulement nous avons formé un groupe très agréable, nous avons également bien performé!

Photo: Richard Trenholm

La piste

Sur la piste, il y a 2 épreuves auxquelles je prends part; le 500m et la poursuite individuelle. Le 500m a habituellement lieu en premier, donc il sert à préparer les jambes pour la poursuite.

Aux Jeux Parapan Américains, les catégories sont jumelées, donc nous nous sommes donc retrouvé à course les femmes C1-5 ensemble, avec factorisation. Le 500m, c’est une course où le fait de penser nous ralenti. C’est juste all out pendant 40 secondes. Ce n’est pas compliqué en principe mais le départ est hyper important car ça décide pas mal de la course.

Je ne m’attendais pas à fracasser un record, mais simplement faire un effort maximal et espérer que cet effort soit dans mes meilleurs temps, ce qui a été le cas avec un chrono de 42 secondes. J’ai terminé 7e chez les C1-5. Pas si mal. C’était pour mettre la table pour la poursuite individuelle (3000m) qui aurait lieu le lendemain.

Habituellement, je me présente aux Championnats du Monde après avoir fait 4-5 camps préparatoire. Or, cette fois-ci il n’y en a eu qu’un seul en raison de la coupe du monde sur route, la dernière de la saison et une belle occasion d’aller chercher des points en prévision de Tokyo 2020. Mon objectif était d’aller en finale. Mon objectif est toujours d’aller en finale.

Avec Guillaume, l’un des deux entraineurs pour ce projet, on discute de la manière de voir la course; on se laisse une petite marge de manoeuvre et si ça va bien après la moitié de la course, c’est le temps d’ouvrir les valves et finir fort. L’excitation du moment m’a fait aller un peu vite au départ, mais je me suis ressaisi et y suis allé avec ce que je fais de mieux en poursuite, c’est-à-dire être constante comme un métronome. Au final, je termine avec 4:09, ce qui est dans mes bons temps. Mieux même, c’est un très bon temps car il fait froid dans le vélodrome (environ 16 degrés) et l’air est dense. Maintenant, il fallait simplement savoir où je me situe car je faisais partie de la première vague. Nous savions que je ne terminerais pas dernière puisque je venais de dépasser mon adversaire 2x sur une distance de 3km durant la course.

Photo: Richard Trenholm

Il restait encore plusieurs C5 à s’élancer. Elles ont toutes fait un temps supérieur au mien. Il ne reste que 2 vagues, les C5 les plus fortes. Première vague… L’argentaine part fort. Très fort. Après 1km, elle a 5 secondes sur mon temps. Vers la mi-course, elle commence à faiblir. À 4 tours de la fin, elle n’a que 4 secondes de différence avec moi. « Il faut qu’elle perde 1sec par tour… » C »est ambitieux comme pensée, mais mon sort ne dépend plus de moi, juste du résultat des autres. Premier tour, elle perd 1.5sec. C’est bien parti! Plus la course avance, plus les secondes s’effritent. Elle termine sa course, .6 secondes plus lent que moi. Je suis toujours première au classement et il ne reste qu’une vague, qui va déterminer si je vais en finale pour le bronze ou l’or. Samantha (USA) et la colombienne s’élancent. Le départ est encore fort. Les tours passent, la colombienne faibli… À 4 tours de la fin, elle a 4sec d’avance sur mon temps. Alors qu’il ne reste que 2 tours, le temps arrête de s’afficher en raison d’un pépin technique. SUSPENSE, elle vient de terminer. ALORS????

.202 sec de différence! Quant à Sam, elle pulvérise la compétition. C’est correct, je suis capable d’en prendre. Je consulte Guillaume pour la finale et on s’entend pour essayer de lui faire la vie dure. Aussitôt le départ donné, je m’élance comme si c’était un 500m. Mon 2e tour a été très rapide. Maintenant, il faut essayer de maintenir ce rythme le plus longtemps possible. J’ai beau vouloir et essayer, mais après 1.7km elle me rattrape, la course est terminée.

J’ai peut-être perdu la médaille d’or, mais je monte tout de même sur la 2e marche du podium avec le sentiment du devoir accompli. Une tonne de brique tombe de mes épaules, ça fait du bien!

8ans après avoir remporté l’argent aux Jeux Parapan Américains de Guadalajara, je remonte sur le podium aux Panams

PORTION ROUTE

Exact, les compétitions ne sont pas terminées! Il reste le contre-la-montre et la course sur route. Le contre-la-montre est une course que j’aime beaucoup car une qualité que j’ai c’est la capacité à rester focus et bien gérer l’effort sur la distance à parcourir vs ne pas pouvoir contrôler ce qui se passe, ce qui est le cas dans une course sur route.

CONTRE-LA-MONTRE

Le contre-la-montre est l’une de mes courses préférées! Justement parce que je peux avoir le contrôle sur tous les aspects, ce qui facilite ma concentration. 19km, c’est une belle distance et le parcours ne présentait pas de difficulté autre qu’une montée quand même demandante; long faux-plat montant avec un « pitch » plus apique à la fin. La récompense de cet effort? Une belle descente où j’ai pu atteindre environ 65kmh.

L’aspect intéressant du parcours était que la route était surtout sinueuse. Le secret c’est de prendre une ligne droite le plus possible afin de ne pas se rallonger en suivant la route. C’est pas mal le même principe qu’en F1, donc quand je suis sur mon vélo en contre-la-montre, j’essaie de me prendre un peu comme une F1 😉

Photo: Richard Trenholm

Au niveau des résultats, les catégories C1-5 étaient rassemblées, il y avait donc factorisation. Néanmoins, j’ai terminé 4e à 1:18 de la 1ère, qui avait un temps factorisé puisqu’elle est dans la catégorie C3. L’effort a été bien géré et j’ai eu la chance de pouvoir être suivie par Guillaume, l’entraineur pour ce projet.

COURSE SUR ROUTE

Ma petite bête noire! 🙂

Les catégories étaient une fois de plus rassemblées au départ, en ajoutant les hommes C1-3. Notre course habituelle regroupe les femmes C4-5 seulement. Aussitôt le départ donné, le rythme est progressif, pas trop « sur le gun ». Le peloton se place, la vitesse est moyenne à 35-36kmh, les relais se font. Ça va bien. Avant la première montée, il y a déjà un groupe qui s’est détaché, mais je suis toujours à l’avant avec le groupe de tête.

La montée coûte cher en watts, mais si je tiens ce tour-ci, ça va m’aider car en principe le rythme va se stabiliser pour le reste de la course. Deuxième montée, ouf, moins facile que la première. Un petit espace se crée, mais je ferme aussitôt. La troisième montée par contre, je ne parviens pas à rester avec le groupe. S’en suit une chasse qui a duré environ 5km (la boucle du parcours fait 9km). Lorsque je suis arrivé à rejoindre le groupe, comme j’ai estimé que je roulais un peu plus vite qu’eux, j’ai pensé prendre un peu d’avance. C’était plaisant, mais ça n’a pas duré longtemps car les femmes C5 ont lancé une attaque pour me rejoindre. Je suis parvenue à rester en milieu de peloton, jusqu’à la quatrième montée. S’en était fait, le groupe s’est détaché et cette fois-ci je n’ai pas été en mesure de fermer le gap. J’ai donc terminé la course en solo et frappé un mur durant une bonne partie du cinquième tour. MAIS il restait d’autres C5 derrière moi qui ne m’ont jamais rattrapé, alors je termine la course en 5e position.

Lorsque j’ai regardé mes données suite à la course, j’ai compris pourquoi j’avais frappé un mur; au contre-la-montre, j’ai obtenu une de mes meilleures moyennes de puissance à vie sur 30min. Or, la puissance moyenne obtenu à la course sur route, qui a duré 1h15 de plus que le contre-la-montre, n’était que de 19watts moins élevé! J’étais contente de ce que j’avais accompli, mais en voyant les stats je l’étais encore plus!

Avec une médaille et des belles performances, je quitte Lima avec la sensation du devoir accompli! J’ai eu la chance de partager cette expérience avec des individus sensationnels qui se sont donné autant que moi pour accomplir leurs objectifs. Nous avons été supporté par une équipe du tonnerre qui veillait sur nous dans les moindres détails! Un beau travail d’équipe!

Marie-Claude Molnar
Marie-Claude Molnar
Athlète paralympique en cyclisme sur route et piste.

1 Comment

  1. Bruno Gagnon dit :

    Ton site est fantastique, à la mesure de tes exploits ! BRAVO !!!!!!!

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