Cannondale New SuperSix Evo 2020 ou l’achat d’un vélo de route
26 Avr 2020
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2020 Vers 2021…

La saison 2020 devait être une saison décisive, avec la tenue des Jeux Paralympiques de Tokyo. Les Jeux sont dorénavant reportés à 2021 et les compétitions sont annulées. Ce n'est pas une raison pour se tourner les pouces!

 
 
 
 

2020, ce qui allait être l'année des Jeux de Tokyo. Ils sont maintenant reportés à 2021 et il semblerait qu'ils puissent être annulés si la pandémie ne s'est pas estompée. Les compétitions prévues au calendrier de l'UCI, déjà peu nombreuses, ont été annulées les unes après les autres. Le Défi Sportif, tenu annuellement sur le Circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame, coupe du monde en Italie à Castiglone de la Pescaia (superbe place où j'avais bien performé en 2015), les championnats du monde à Ostend en Belgique 🇧🇪 (cette annulation-là fait quand même mal, c'est un endroit magnifique, les installations sont parfaites et les gens sont extraordinaires) et maintenant la coupe du monde de Baie-Comeau qui devait avoir lieu en août.Une coupe du monde à la maison! Chaque année, faire la route jusqu'à Baie-Comeau c'est toujours très agréable malgré la grande distance. Une fois à destination, c'est un plaisir de retrouver les gens qui nous accueillent chaque année depuis 2010!





Lorsque l'annonce a été faite que les Jeux étaient reportés, il y a eu un peu de frustration car le processus était bien en marche depuis plusieurs semaines pour être prête pour les nationaux, début avril. Ce championnat devait servir à montrer une amélioration de mon temps à la poursuite puisqu'aux mondiaux j'ai terminé à 4 secondes du podium. Je me disais qu'il y avait au moins les nationaux de route fin juin et Baie-Comeau en août. Là, il n'y a plus rien. C'est quand même déroutant.


Sans prétendre avoir une recette miracle pour traverser les épreuves ni être plus rusée que quiconque, avoir une routine bien établie aide à passer au travers. Lorsqu'on me pose la question, je fais souvent le parallèle avec la réadaptation que j'ai suivi en 2005 suite à un grave accident vélo-auto; des traitements de physiothérapie tous les avants-midis de la semaine, ergothérapie et séance de musculation toutes les après-midis de la semaine. Pendant 1 mois. Je n'ai pas vu le temps passer, il y avait toujours quelque chose. Sans parler des liens tissés avec les autres occupants de l'étage que j'occupait à l'Institut de Réadaptation de Montréal. C'est vrai, il y a aussi l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal qui est passé aux nouvelles. Cet hôpital même où les chirurgiens orthopédistes ont passé 8h dans la nuit du 12 au 13 juillet à me remettre en 1 morceau. C'est évident que je pense à eux lorsque j'entends le nom de l'hôpital. Sans parler des préposé(es) qui se sont si bien occupé de moi au 2e.



Bref, il y a des situations qui nous sont imposées et tout ce que nous pouvons faire, la seule chose sur laquelle nous avons le contrôle c'est notre manière de réagir face à l'adversité. Au début de la pandémie, il y avait des moments où je trouvais la situation surréaliste. Au bout de 2 semaines, je me suis dit qu'il fallait en revenir et établir un plan. Ce n'est pas facile, il y a eu et il y a toujours des hauts et des bas. De manière surprenante, les bas peuvent être vraiment bas. À juste titre, la semaine du 4 au 10 mai 2020 est la semaine de la santé mentale. Je crois avec juste cause que les gens porteront davantage attention à l'importance de la santé mentale, qui est certainement mis à l'épreuve avec la COVID-19 et ses répercussions. C'est important d'être outillé! J'ai la chance, en tant qu'athlète d'avoir accès à une équipe de gens formidables, mais ce n'est pas tout le monde malheureusement qui a cette chance. Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide. Souvent, juste le fait d'écrire ou parler fait énormément de bien. C'est le principe de déposer ce que nous avons dans la tête à un autre endroit. Extérioriser.


Après plusieurs semaines depuis le début des mesures de distanciation physique (je n'aime pas utiliser l'expression distanciation sociale, car c'est maintenant que nous avons besoin d'être plus unis), j'ai établi un semblant de routine; j'apprends une nouvelle langue, l'espagnol 🇪🇸 , le matin, via Facetime il y a un entraînement en musculation avec mon préparateur physique de l'INS, entraînement sur vélo par la suite, intérieur ou extérieur selon la température, un peu de lecture (je viens de commencer "The Subtle Art of Not Giving a ...") et je suis des cours à distance, car l'éducation c'est essentiel. Je trouve malgré tout le moyen de me sentir utile en tant que coordonnatrice aux communications et médias sociaux d'un organisme à but non lucratif dont la mission est de supporter les athlètes identifiés de la Montérégie "Excellence Sportive Montérégie". Très reconnaissante du support qui m'a été et qui m'est encore apporté, j'ai envie à mon tour d'aider les athlètes, aider les jeunes. La situation actuelle va les amener à prendre de la maturité à la vitesse grand v. De plus, je suis impliquée comme bénévole auprès de l'organisme Les Cyclopétards, un club cycliste dont la mission est la promotion du cyclisme féminin au Québec. Confiance en soi, connaissances techniques, mécanique, entraide, encouragements, estime de soi... par la pratique du cyclisme sur route. J'écris aussi occasionnellement pour Skipresse:Cyclepresse, un magasine de cyclisme et de ski, mis sur pied par Charles Duhamel et Louise Lévesque, deux personnes extraordinaires qui donnent énormément de leur temps pour véhiculer les nouvelles du sport et qui sont toujours agréables à côtoyer. Collaboration en communication chez Bioracer Canada, une compagnie de vêtements de cyclisme belge qui s'est installé au Canada il y a un an.J'acquiers également de l'expérience en tant que gestionnaire de communauté pour l'événement de gravel bike #1, Les 100 à B7



Bien entendu, je continue de courser (il y aura une saison 2021 ), car lorsque je suis sur mon vélo, en plein effort et que je pense juste à tout ce dont il faut penser dans une course il se produit quelque chose qui se trouve difficilement ailleurs et ça fait du bien! Le besoin d'être dans l'effort, être dans une bulle le temps d'une course et vouloir se dépasser. Le dépassement de soi, je pense qu'on l'atteint une fois que la ligne d'arrivée est franchi et qu'on est fier de l'effort qu'on vient de fournir. Les gens qui me suivent et me supportent sont d'une aide précieuse: Longueuil Honda, Comunika, Näak, Primeau Vélo, Santé Dentaire Globale, Clinique Podiatrique Médipied, Altitude Santé, Cycling Canada, le Comité Paralympique Canadien, l'Institut National du Sport du Québec, la Fédération Québécoise des Sports Cyclistes, la Fondation de l'Athlète d'Excellence du Québec, Plan de Match, le Comité Olympique Canadien.


S'entourer de gens merveilleux (surtout toi avec qui je partage mon quotidien ❤️), qui prennent de leur temps pour prendre des nouvelles et en donner, ne pas hésiter à partager les inquiétudes, des histoires drôles ou des réflexions, avoir une routine et un objectif à atteindre, quelqu'il soit, ça aide à passer au travers cette situation qui nous est imposée et qui nous affecte tous. Ce qui fait la différence, c'est la manière qu'on choisit de réagir face à l'adversité.


 
Marie-Claude Molnar
Marie-Claude Molnar
Athlète paralympique en cyclisme sur route et piste.

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